Mots de Noël : Frank De Bondt

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 Frank De Bondt

Noël : retrouvailles
avec les siens,
avec soi-même, 
avec Jésus

 
L'an dernier, à l'occasion  de la fête de la Nativité, le pape avait dénoncé la banalisation marchande de Noël et rappelé que le message du Christ n'était pas une varia­ble sensible à l'air du temps. Que reste-t-il de religieux dans notre société sécularisée et multiculturelle, où le nom même de Noël cède de plus en plus la place au terme géné­rique de fête (« Joyeuses fêtes! ») pour ne pas heurter des sensibilités athées ou non chrétiennes?
Il n'est pas encore question pour autant de débaptiser Noël, moins d'ailleurs par respect pour les croyants que parce que le 25 décembre a réussi à s'imposer comme l'incomparable célébration de la naissance, de là convivialité et de la paix. Noël est assimilé dans l'esprit de tous à l'idée de trêve et d'interruption dans cette course folle qui nous entraîne chaque jour et dont le sens parfois nous échappe.

Noël est la fête des retrouvailles avec les siens, avec soi-même, et, pour les chré­tiens, avec Jésus.

Son enracinement religieux transcende, malgré tout, les tentatives de ré appropriation et de défiguration. Pourtant, la moitié seulement des Français se déclarent aujourd'hui catholiques, contre huit sur dix il y a seulement une trentaine d'années. Cette désaffection, bien,réelle, semble cependant  traduire davantage une prise de distance vis ­à-vis des formes institutionnelles, des prati­ques et des prescriptions de l'Église, qu'une perte de foi ou qu'un reniement.

Face à l'islam radical et conquérant, le monde chrétien, traversé par le libéralisme culturel, se sent en position de faiblesse. Benoît XVI, comme Jean-Paul II avant lui, a maintes fois mis en garde les chrétiens con­tre le matérialisme, l'individualisme et le rela­tivisme dominants. Une société peut être laï­que et ne pas méconnaître volontairement son passé religieux.

Lors de sa visite au Vatican,la semaine der­nière, le président de la République a commis un acte de transgression en évoquant les « racines chrétiennes » de la France, alors que notre pays s'était opposé avec d'autres à ce que la (défunte) Constitution européenne fasse allusion, dans son préambule, aux raci­nes chrétiennes de l'Europe. Le chef de l'État n'entendait pas remettre en question la nature officiellement laïque de la République, mais il a admis explicitement que notre société ne pouvait être expurgée sans dommages moraux de toute référence religieuse, quelle qu'elle soit.

La survivance de la fête de Noël, en dépit d'une déchristianisation indé­niable de notre pays et de notre continent, est un exemple à méditer, aussi bien par les partisans d'une laïcité éclairée que par les con­servateurs de notre patrimoine global.

Joyeux Noël

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