EXTRAITS DE LA CONFERENCE DONNEE PAR DON MARC AILLET
POUR LE XXème ANNIVERSAIRE DE PRO LITURGIA A VILLARS-LES-DOMBES
"(...) La liturgie doit donc d'abord mettre les fidèles
en contact avec le Mystère même de la présence de Dieu, permettre cette expérience profonde qui est celle de la foi, en appeler donc d'abord au "sensus fidei" éveillé et soutenu par l'Esprit de
Vérité en nous dès le jour de notre baptême, et non pas d'abord à l' "intellectus fidei" ou à la sensibilité.
On comprendra donc pourquoi en voulant nous mettre en contact avec le Mystère même du Christ Seigneur "qui habite en nos coeurs par la foi" comme dit S. Paul (Eph
3, 17), la liturgie ne doit pas d'abord être intelligible, mais conserver au contraire une certaine opacité pour faciliter cette expérience du divin
que l'on pourra mieux formuler ensuite, le plus adéquatement possible mais toujours en deçà du Mystère, à travers la profession de foi et l'exercice de la vie chrétienne.
C'est la raison pour laquelle le concile n'a pas prévu une vulgarisation complète de la liturgie. Dans ce sens, loin d'être des obstacles à la participation active, la messe "vers le Seigneur"
plutôt que "vers le peuple", l'usage de la langue latine dont le Concile n'a pas préconisé l'abandon complet malgré des préjugés tenaces (cf. n°36), la pratique du chant grégorien, que
Sacrosanctum Concilium désigne comme "le chant propre de la liturgie romaine", prévoyant même qu'il devra "occuper la première place" (cf. n°116), favoriseront au contraire la participation
authentique à la liturgie qui est avant tout une action divine et donc transcendante, l'action du Seigneur lui-même.
voir : suite de l'article
EXTRAIT DE LA CONSTITUTION CONCILIAIRE "SACRA LITURGIA"
" Cette restauration [de la liturgie} doit consister
à organiser les textes et les rites
de telle façon qu'ils expriment avec plus de clarté l
les réalités saintes qu'ils signifient,
et que le peuple chrétien,
autant qu'il est possible.
puisse facilement les saisir et y participer
par une célébration pleine, active et communautaire.
C'est pourquoi le saint Concile a établi ces normes générales.
Il ne semble pas que le Concile ait souhaité l'"opacité" de la Liturgie...!
Il semble clair que le Peuple Chrétien bénéficie aujourd'hui d'une liturgie expressive, qui à travers l'esthetique et la lisibilité des rites respecte pleinement le "Mystère" ; La Parole de Dieu,
mieux répartie dans le temps, traduite dans les langues de chacun, de mieux en mieux expliquée, accessible par l'écoute mais aussi par de nombreuses publications n'a jamais aussi bien "irrigué"
la vie chrétienne à partir de la Liturgie...
Après quelques tatonnements, la musique liturgique en langues "vernaculaires" s'enrichit d'oeuvres connues et chantées par tous..
Un retour en arrière est toujours possible !
Oui, une interprétation retro-juridico-canonique pourra se régaler des affirmations selon lesquelles la langue latine doit rester la langue des rites romains et le chant grégorien le chant liturgique par excellence...ou que la pratique de la concélébration devra rester limitée...
Il manquera toujours à ces "érudits" de la lettre de n'avoir pas connu ou de n'avoir pas voulu accuillir l'"esprit" et le souffle du Concile qui a rejoint
relativement rapidement les Eglises du monde dans leur Liturgie qu'ils ne cessent d'améliorer..
En fait dans un "mouvement" très "traditionnel dans l'Eglise, le Peuple chrétien a reçu le message du Concile et l'a mis en oeuvre tout en enrichissant la
pratique et le contenu..de façon iréversible !
Car de toujours c'est la "pratique" du Peuple chrétien qui enrichit sa Foi et ses dogmes.
Pourquoi donc un retour en arrière vers l'opacité ?
A qui profite
que le Peuple Chrétien
reste dans l'opacité ?
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