La Prière
La prière est le meilleur remède contre la solitude et la desespérance qui l'accompagne.
Elle est un exercice du désir : l'homme a été créé pour Dieu mais son coeur est trop étroit et il doit être élargi ; en faisant attendre, "espérer", Dieu élargit le désir : l'homme devient receptif pour Dieu mais aussi pour les autres.
La prière est un acte communataire même dans le secret : elle n'est pas l'expression des demandes qui concernent les "petites espérances" , elle introduit dans la "Grande espérance" , celle qui n'est comblée qu'en Dieu.
Par la prière chacun se libère de ses petits désirs , de l'influence qu'il a sur lui-même ou du conditionnement par ses contemporains pour retrouver la capacité d'écouter le "Bien"
"Nous pouvons parler à Dieu, Dieu nous parle : de cette façon se réalisent en nous les purifications grâce aux quelles nous devenons capables de Dieu et aptes au service des hommes : nous devenons ainsi capables de la "grande espérance" et ministres de l'espérance pour les autres.L'Agir
La Prière est une espérance active, par laquelle nous luttons pour que les choses n'aillent pas vers une issue "perverse". Elle est aussi une espérance active dans le sens que nous maintenons le monde ouvert à Dieu. C'est seulement dans cette perspective qu'elle demeure une espérance véritablement humaine."
Notre action, nos engagement pour régler les difficultés de notre vie peuvent rendre la vie et le monde meilleurs mais si nous ne sommes pas éclairés par une espérance plus grande, l'engagement quotidien qui est le nôtre peut nous épuiser ou virer en fanatisme destructeur.
La grande espérance nous permet d'espérer même quand nous n'avons plus rien à espérer de nos oeuvres ou des actions politiques.
Le règne de Dieu dans le monde est un don et nous ne pouvons y acceder par nos propres forces.
Une espérance pour nous et pour les autres peut jaillir de notre agir, mais c'est la grande espérance appuyée sur les promesses de Dieu qui, dans les bons moments comme dans les mauvais, nous donne courage et oriente notre agir.La Souffrance
Le pape rappelle que la souffrance provient certes de notre finitude mais aussi de la somme des fautes qui se sont accumulées au cours de l'histoire. Nous devons bien sûr tout faire pour attenuer et soulager la souffrance mais nous n'avons pas la capacité de l'éliminer puisque nous ne pouvons ni sortir de notre finitude ni éliminer le pouvoir du mal et de la faute.
Seul Dieu qui entre personnellement dans l'histoire en se faisant homme et y souffre peut avoir raison du mal et de la finitude.Nous pouvons chercher à diminuer la souffrance mais une vie qui consisterait à fuir devant toute forme de souffrance et en particulier devant celle qui accompagne la recherche de la vérité, du bien et de l'amour conduirait à une existence vide de sens et à la solitude.
Par la foi de l'existence de ce pouvoir, l'espérance de la guérison du monde est apparue dans l'histoire.
L'homme ne se construit pas dans le refus de la souffrance : il murit et guérit par sa capacité d'accepter les épreuves y compris celles qui sont de véritables enfers (camps de concentration)
"Le Christ est descendu en "enfer" et ainsi il est proche de celui qui y est jeté transformant pour lui les ténèbres en lumière.La qualité du rapport à la souffrance et à celui qui souffre donne la vraie mesure de l'humanité.
La souffrance, les tourments restent terribles, quasi insupportables. Cependant l'étoile de l'espérance s'est levée - l'ancre du coeur arrive au trône de Dieu. Le mal n'est pas déchaîné dans l'homme, mais la lumière vainc : la souffrance - sans cesser d'être souffrance - devient malgré tout chant de louange."
Ceci ne peut être le fait d'individus isolés : chacun doit trouver un sens à sa souffrance, accepter la souffrance de l'autre qui devient sienne : dans la souffrance partagée il y a expérience de lumière et d'amour.
Le "Oui" à l'amour est aussi source de renoncements et de souffrances..
Mais sommes nous capables de partager la souffrance de l'autre ?
Dieu a voulu souffrir pour nous et avec nous : il est entré dans toute souffrance humaine pour la partager : c'est la "consolation" de l'Amour, étoile de l'Espérance.
Certainement, dans nos multiples souffrances et épreuves, nous avons toujours besoin de nos petites et randes espérances - d'une visite bienveillante, de la guérison des blessures internes et externes, de la solution positive d'une crise, et ainsi de suite...Dans les petites épreuves, ces formes d'espérance peuvent aussi être suffisantes.Le Jugement
Mais dans les épreuves vraiment lourdes où je dois faire mienne la décison définitive de placer la vérité avant le bien-être, la carrière, la possession, la certitude de la véritable, de la grande espérance dont nous avons parlé devient necessaire.
La Foi des premiers chrétiens était toute tendue vers l'avenir, à savoir un jugement proche qui commandait l'importance donnée au présent
Dans des temps plus récents, le salut personnel individuel de l'âme est devenu la préoccupation majeure et l'histoire collective a davantage été dominée par la confiance dans le progrès.
La perspective du jugement c'est estompée laisant à nu l'injustice du monde
C'est de la protestation contre l'injustice du monde qu'est venue la négation de Dieu : un monde aussi injuste ne peut venir de Dieu et on le conteste...et donc, c'est à l'homme d'établir la justice..ce qui a pour conséquence toutes sortes de cruautés et de violation de la justice...
Il s'avère qu'un monde qui doit créer sa propre justice est un monde sans espérance...
Dieu crée la justice d'une façon que nous ne sommes pas capables de concevoir : il y a une dissemblance radicale entre le créateur et la créature qui s'estompe par la médiation de l'"Image" de Dieu à savoir le Christ souffrant et innocent en qui se fonde l'espérance-certitude :
certitude de la resurrection de la chair
certitude de l'existence d'une justice
certitude que la souffrance passée est définitivement révoquée
L'Espérance naiît de la Foi dans le jugement final
Il est impossible que l'injustice de l'histoire soit la parole ultime : la necessité du retour du Christ et de la vie Nouvelle devient totalement convaincante.
Dieu est justice et crée la justice : c'est notre consolation et notre espérance
En Jésus mort et réssuscité nous est donnée la grâce : elle n'agit pas comme une éponge et le Pape, s'appuyant sur la parabole du riche et du pauvre lazare suggère qu'une période intermédiaire entre mort et résurrection soit un temps de purification.
Nous ne pouvons rien dire du "comment" et le texte papal prend ses distances par rapport au "purgatoire " et à l"enfer" pour constater qu'il reste au fond de l'homme une tension vers la vie et vers l'amour même si dans le cours de son existence de nombreux compromis existent avec le mal..
Le pape préfère reprendre l'image de Saint Paul : sur le socle fondamental que constitue le Christ, l'homme construit un édifice plus ou moins solide : le jugement peut être comparé à un feu : l'édifice en or tiendra le choc et justifiera un salaire ; l'édifice de paille brûlera et justifiera une punition : il faudra traverser ce feu pour prendre place au banquet final..
Des théologiens pensent que ce "feu" pourrait être le Christ lui même qui nous transformerait pour que nous devenions nous mêmes et le salut se trouverait dans la souffrance de cette rencontre.
Notre façon de vivre n'est pas insignifiante mais notre saleté ne nous tache pas eternellement si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour.
Le jugement de Dieu est espérance car il est justice et grâce
S'il n'était que grâce, la vie terrestre serait insignifiante
S'il n'était que justice, il ne serait qu'un motif de peur.
Nous attendons notre salut dans la crainte de Dieu et en tremblant ; malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre avocatLe Pape mentionne la tradition de l'intercession pour les disparus qui se justifie par l'interaction et la communion qui existent entre nos vies dans de multiples liens qui dépassent la mort elle même
Continuellement, la vie des autres entre dans ma vie en ce que je pense, dis, fais et réalise. Ei vice versa ma vie entre dans celle des autres dans le mal comme dans le bien.Conclusion :
Ainsi mon intercession pourquelqu'un n'est pas du tout quelquechose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort.
Dans l'inter relation de l'être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification
"Notre espérance
est toujours essentiellement aussi
espérance pour les autres ;
c'est seulement ainsi qu'elle est espérance pour moi.
En tant que chrétiens
nous ne devrions jamais nous demander seulement : comment puis je me sauver moi-même ?
Nous devrions aussi nous demander :
que puis je faire
pour que les autres soient sauvés
et que surgisse aussi pour eux
l'étoile de l'espérance ?
Alors j'aurai fait le maximum pour mon salut personnel"
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