Présentation

  • : Vivre, Faire Vivre !
  • michel64
  • : Croyances Vie Catholique Eglise Foi Religions
  • : reflexions, temoignages,reactions, à propos de la foi, des croyances vécues au jour le jour dans les eglises et les grandes religions
  • : 09/03/2007

Annuaires


 
 

Album photos

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Lundi 24 septembre 2007

voir : "La naissance d'une Espérance" (lien)marino-martini1.jpg

 

"Dialogue sur la Vie"
entre le Cardinal Carlo Maria Martini
et le professeur Ignazio Marino

voir
1.La fécondation médicalement assistée (lien)

2. la fécondation hétérologue (lien)
3. la recherche sur les cellules souches embryonnaires
4. les embryons congelés existants (lien)


 

5.-Les Adoptions par des personnes seules

 

MARINO

Il y a ensuite d'autres problèmes, liés au développement de la vie, en particulier au souci que la société doit avoir pour les enfants qui n'ont pas de famil­le. Dans ces cas s'ouvre la possibilité de l'utilité, et je dirais même de la nécessité d'une adoption. Aujourd'hui en Italie les adoptions ne sont pas admises pour les orphelins de naissance et, plus généralement, la législa­tion est très complexe et rend difficile tout type d'adop­tion. Je me demande si, d'un point de vue éthique, il est préférable qu'un enfant, orphelin ou abandonné par ses parents, passe sa vie dans une institution ou dans la rue plutôt que d'avoir une famille monoparentale. Sommes nous certains que c'est le juste chemin pour garantir la meilleure croissance possible à cet enfant? Du reste, si un parent reste veuf, même à la naissance du premier enfant, personne ne pense que l'enfant ne doit pas conti­nuer à vivre dans son noyau familial même s'il n'y a qu'un parent. Ou encore, l'Église soutient qu'en présen­ce d'un fœtus, dans toute circonstance on doit inviter la femme à aller jusqu'au bout de sa grossesse, que le père soit absent ou non, et donc il s'agira de soutenir une mère qui dans les faits est isolée. Pourquoi alors ne pas soutenir aussi les adoptions pour les orphelins, une fois qu'on vérifie la motivation, les moyens et les capacités du géniteur potentiel à assurer une croissance sereine à l'enfant adopté?

 

MARTINI

Vous posez des questions sérieuses et rai­sonnables sur un thème complexe, à propos duquel je n'ai pas d'expérience suffisante. Mais je pense que le point de départ est la condition que vous exprimez à la fin. C'est-à-dire qu'il faut s'assurer que celui qui prend en charge l'enfant adopté ait les justes motivations et aussi les moyens et les capacités de lui assurer une croissance sereine.

Qui se trouve dans une telle condition? Certainement, d'abord, une famille composée d'un homme et d'une femme sages et mûrs et capables d'assurer aussi des relations intra-familiales favorisant l'épanouissement de l'enfant à tous points de vue. À défaut de ce cadre, il est clair que d'autres personnes aussi, et à la limite même des isolés, pourraient donner de fait certaines garanties essentielles. Je ne me limiterais donc pas à une seule possibilité, mais je laisserais les responsables apprécier quelle est la meilleure solution de fait, ici et maintenant, pour ce garçon ou pour cette fille. Le but est d'assurer au maximum les conditions favorables concrètement pos­sibles. S'il y a donc la possibilité de choisir, il faut choisir pour le mieux.

 

6.- La question de l'avortement

 

MARINO

Un des thèmes les plus difficiles à aborder, sur lesquels on s'interroge sans cesse justement à cause de sa délicatesse et de sa complexité, est celui de l'avortement. En Italie l'État a réglé la matière, en s'ef­forçant de conjuguer le principe d'autodétermination des femmes avec la liberté de conscience des médecins qui peuvent choisir l'objection.

Pendant ces années en Italie nous avons pu constater les effets de la législation sur l'avortement. Même si cha­cun de nous reconnaît que l'avortement est toujours une défaite, personne ne peut nier que la loi a permis de réduire le nombre global des avortements et de garder sous contrôle les avortements clandestins, en évitant aux femmes de risquer leur vie suite à des pratiques telles que la perforation de l'utérus opérées par des « sages femmes» pour provoquer l'avortement.

Face à des cas extrêmes comme la violence subie par une femme, une grossesse pour une adolescente de onze ou douze ans, le manque de possibilités écono­miques pour élever un enfant, quelle est la position de

l'Église ? Si on admet le principe du moindre mal et, comme l'Église catholique le suggère, celui de confier la réponse à l'intimité de sa propre conscience (<< conscientia perplexa » : cette condition où un homme ou une femme parfois se trouvent à faire face à des situations qui rendent le jugement moral incertain et la décision difficile), ne serait-il pas éthiquement correct d'expliquer ce point de vue? Et de le soutenir ouverte­ment?

 

MARTINI

Le thème est très douloureux et de fait sou­vent vécu dans la souffrance. Certes, il faut d'abord vou­loir faire tout ce qui est possible et raisonnable pour défendre et sauver toute vie humaine. Mais cela n'empêche pas qu'on puisse et qu'on doive réfléchir sur les situations très complexes et diversifiées qui peuvent se produire, et chercher dans toute circonstance ce qui est le meilleur pour protéger et promouvoir concrète­ment la vie humaine. Mais il est important de reconnaître que la continuation de la vie humaine physique n'est pas en soi le principe premier et absolu. Sur lui prime celui de la dignité humaine, dignité qui dans la vision chré­tienne et de nombreuses religions comporte une ouver­ture à la vie éternelle que Dieu promet à l'homme. Nous pouvons dire que dans cette ouverture réside la dignité définitive de la personne. Même celui qui n'aurait pas cette foi, pourrait toutefois comprendre l'importance de ce fondement pour les croyants et en tout cas le besoin d'avoir des raisons de fond pour soutenir toujours et par­tout la dignité de la personne humaine.

Les chrétiens trouvent leurs raisons fondamentales dans les mots de Jésus, lequel affirmait que « la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement» (cfr Matthieu 6,25), mais il exhortait à ne craindre rien «de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme» (cfr Matthieu 10,28). La vie physique doit donc être res­pectée et défendue, mais elle n'est pas la valeur suprê­me et absolue. Dans l'évangile selon Jean, Jésus pro­clame: « Je suis la résurrection (et la vie). Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra» (Jean 11,25). Et saint Paul ajoute: « J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous» (Romains 8,18). Il y donc une dignité de l'existence qui ne se limite pas à la seule vie phy­sique, mais regarde vers la vie éternelle.

Cela dit, il me semble que, même sur un thème doulou­reux comme celui de l'avortement (qui, comme vous le dites, représente toujours une défaite), il est difficile pour un Etat moderne de ne pas intervenir du moins pour empêcher une situation sauvage et arbitraire. Et il me semble difficile que dans des situations comme les nôtres, l'Etat ne puisse pas faire la différence entre des actes que l'on peut poursuivre pénalement et des actes pour lesquels il convient de ne pas entamer de pour­suites pénales. Cela ne veut nullement dire une « licen­ce de tuer », mais seulement que l'Etat ne croit pas opportun d'intervenir dans tous les cas possibles, mais qu'il s'efforce de diminuer les avortements, de les empê­cher par tous les moyens, surtout quelque temps après le début de la grossesse, et qu'il s'engage à diminuer le plus possible les causes de l'avortement et à exiger des précautions afin que la femme qui déciderait en tout cas d'accomplir cet acte, particulièrement dans la période non punissable, n'en soit pas gravement atteinte au point de vue physique jusqu'à se trouver en danger de mort. Cela arrive surtout, comme vous le rappelez, dans les avortements clandestins, et donc il est, tout bien réfléchi, positif que la loi ait contribué à les réduire et tenté de les éliminer.

Je comprends qu'en Italie, avec l'existence d'un Service National de Santé, cela comporte une certaine coopéra­tion des structures publiques à l'avortement. Je vois toute la difficulté morale de cette situation, mais je ne saurais pas en ce moment quoi suggérer, puisque, pro­bablement, toute solution recherchée comporterait des aspects négatifs. Pour cette raison l'avortement reste toujours quelque chose de dramatique, qui ne peut nul­lement être considéré comme un remède à la surpopu­lation, comme cela me semble le cas dans certains pays.

Naturellement je n'entends pas inclure dans ce jugement ces situations-limites, elles aussi très douloureuses et peut-être rares, mais qui peuvent se présenter de fait, quand un fœtus menace gravement la vie de la mère. Dans des cas pareils, il me semble que la théologie morale depuis toujours a soutenu le principe de la légiti­me défense et du moindre mal, même s'il s'agit d'une réalité qui montre le drame et la fragilité de la condition humaine. Pour cette raison l'Église a aussi déclaré héroïque et exemplairement évangélique le geste de ces femmes qui ont choisi d'éviter tout dommage à la vie en gestation, même au prix de leur vie.

 

Je ne parviens pas, en revanche, à appliquer ce principe de la légitime défense et/ou du moindre mal aux autres cas avancés par vous, et je ne ferais pas valoir le princi­pe de la « conscientia perplexa », dont je ne sais pas bien ce qu'elle signifie. Il me semble que même dans les cas où une femme ne peut pas, pour des raisons diverses, assurer le soin de son enfant, il ne doit pas manquer d'institutions qui s'offrent pour l'élever et le soi­gner. Mais en tout cas, je pense qu'il faut respecter toute personne qui, peut-être après une longue réflexion et beaucoup de souffrance, dans ces cas extrêmes, suit sa conscience, même si elle se décide pour une chose que moi-même je ne peux pas approuver.






par MICHEL publié dans : Carlo Maria MARTINI communauté : Virtuels de la Vraie Mission
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Retour à l'accueil

Profil

  • : MICHEL
  • michel64

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Me contacter

Pour me faire parvenir un message
en dehors du cadre des publications,
cliquer ici :
Message

Recherche

Statistiques


Il y a actuellement 16748 personnes connectées à Over-Blog dont 2 sur ce blog
 

Images aléatoires

W3C

  • Flux RSS des articles

Texte Libre

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus