Lundi 23 avril 2007
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Suite à un échange sur ce blog, je me permets de citer ci-dessous quelques extraits de la « Constitution Conciliaire » (Vatican
II) sur la « Sainte Liturgie »
Je laisse le lecteur apprécier lui-même les points qui sont en litige et qui font couler tant d'encre et de salive...dans les
milieux dits d'Eglise.
Le Texte positionne longuement la Liturgie comme le coeur de toute vie Chrétienne : offrande de soi, de sa vie, de tout le
peuple de Dieu entrent dans l'offrande du Christ lui-même et la nourriture de Vie est ainsi partagée...
Du fait de cette importance, le Concile tient tout à la fois à souligner et renouveler la Foi de l'Eglise dans la Liturgie et tous
ses rites mais aussi à ouvrir des voies nouvelles pour que le Peuple de Dieu puisse être participant le plus consciemment possible.. :
- Volonté que les fidèles participent le plus possible à la liturgie ce qui nécessite d'abord une « restauration générale » et les
changements qui s'imposent
- Certes il est noté que la langue latine reste la langue officielle de l'Eglise mais il est immédiatement affirmé que dans la
perspective d'une meilleure participation de tous, l'utilisation des langues des pays est « très utile » et cela est répété et organisé à plusieurs reprises dans le texte.
Le Concile précise que cette utilisation des langues vivantes se fera sous la responsabilité des Eglises
locales.
- qu'il s'agisse des livres, des rites, des moyens d'expression le texte parle de l'urgence de procéder à des adaptations (surtout
en pays de mission) et toujours sous la responsabilité des Eglises locales.
- Au numero (50) il est clairement exprimé que le rite en vigueur (à l'époque, il s'agit du rite dit « de Saint Pie V »), doit
être dépoussiéré, débarrassé des doublons et des choses inutiles qu'il contient...
Il est demandé aussi qu'il soit enrichi en puisant dans la traditions des Pères de l'Eglise (dont la richesse ne cesse d'être
redécouverte)
- Certes, on veillera que les fidèles puissent chanter en latin les parties de l'ordinaire qui leur revienne, mais le Concile
affirme aussitôt : «Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à
l'article 40 de la présente Constitution. »
Le Concile, certes, recommande certaines précautions et certains pourront toujours dire, que ces précautions n'ont pas toujours
été suffisamment prises, mais les termes de la Constitution sont sans équivoques.
Les Eglises avaient déjà une certaine expérience des bienfaits de réformes liturgiques partielles comme celle de la liturgie de la
Semaine Sainte qui dès avant le Concile fut une réussite.
Aujourd'hui, où que l'on soit sur la Planète on ne peut que constater que la réforme liturgique voulue par le Concile a
profondément renouvelé les célébrations et Oui !!, c'est une réussite !
CONSTITUTION CONCILIAIRE
SACROSANCTUM
CONCILIUM
SUR LA SAINTE LITURGIE
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11. Coopération nécessaire des fidèles
Les pasteurs doivent être attentifs à ce que dans l'action liturgique, non seulement on observe les
lois d'une célébration valide et licite, mais aussi à ce que les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active et fructueuse.
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21. La sainte Mère Eglise veut travailler sérieusement à la restauration générale de la liturgie
elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui est d'institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent s'il s'y
est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues inadaptées.
Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu'ils
expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu'ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu'il est possible. puisse facilement les saisir et y participer par une célébration
pleine, active et communautaire. C'est pourquoi le saint Concile a établi ces normes générales.
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Préférer les célébrations communautaires
27. Chaque fois que les rites, selon la nature propre de chacun, comportent une célébration
commune, avec fréquentation et participation active des fidèles, on soulignera que celle-ci, dans la mesure du possible, doit l'emporter sur leur célébration individuelle et quasi
privée.
Ceci vaut surtout pour la célébration de la Messe (bien que la Messe garde toujours sa nature
publique et sociale), et pour l'administration des sacrements.
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36. [Langue liturgique]
1. L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites
latins.
2. Toutefois, soit dans la Messe, soit dans l'administration des sacrements, soit dans les autres
parties de la liturgie, l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple: on pourra donc lui accorder une plus large place....
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38.. [Des adaptations sont admises ]
Pourvu que soit sauvegardée l'unité substantielle du rite romain, on admettra des différences
légitimes et des adaptations à la diversité des assemblées, des régions, des peuples, surtout dans les missions, même lorsqu'on révisera les livres liturgiques; et il sera bon d'avoir ce
principe devant les yeux pour aménager la structure des rites et établir les rubriques.
39. [Ces adaptations relèvent de l'autorité ecclésiastique]
Dans les limites fixées par les éditions typiques des livres liturgiques, il reviendra à l'autorité
ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, mentionnée à l'article 22. § 2, de déterminer les adaptations, surtout pour l'administration des sacrements, les sacramentaux, les
processions, la langue liturgique, la musique sacrée et les conformément toutefois aux normes fondamentales contenues dans la présente Constitution.
40. [Urgence et difficultés de l'adaptation, surtout dans les missions]
Mais, comme en différents lieux et en différentes circonstances il est urgent d'adapter plus
profondément la liturgie, ce qui augmente la difficulté....
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48. [Participation des fidèles à l'action sacrée]
49. C'est pourquoi, afin que le sacrifice de la messe, même par sa forme rituelle, obtienne une
pleine efficacité pastorale, le saint Concile, à l'égard des messes qui se célèbrent avec concours de peuple, surtout les dimanches et fêtes de précepte, décrète ce qui
suit:
50. [Révision du rituel de la messe]
Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se manifestent clairement le rôle propre ainsi
que .la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles.
Aussi, en gardant fidèlement la substance des rites, on les simplifiera; on omettra ce qui, au
cours des âges, a été redoublé ou a été ajouté sans grande utilité; on rétablira, selon l'ancienne norme des saints Pères, certaines choses qui ont disparu sous les atteintes du temps, dans la
mesure où cela apparaîtra opportun ou nécessaire.
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54. [Usage de la langue du pays]
On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours
de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l'article 36 de la présente
Constitution.
On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi
les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent.
Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on
observera ce qui est prescrit à l'article 40 de la présente Constitution.
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Tout l'ensemble et chacun des points qui s ont édictés dans cette Constitution ont plu aux Pères du
saint Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que le Christ Nous a confié, avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, décrétons et arrêtons dans le Saint-Esprit, et Nous
ordonnons que, pour la gloire de Dieu, ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué.
Rome, près Saint-Pierre, le 4 décembre 1963.
Moi, PAUL. Evêque de l'Eglise catholique.
Suivent les signatures des Pères.
Le Texte est une « Constitution »
Il a été proposé aux votes des Pères Conciliaires : 2147 Evêques ont dit « Oui », 4 ont dit « Non », 1 s'est
abstenu.
Comme indiqué ci-dessus, Cette Constitution ratifiée par les Pères du Concile a été promulgué par le Pape Paul VI
dans les termes ci-dessus qui sont sans appel pour tout Catholique Romain digne de ce nom.
Ce n'est dont pas au nom de la Foi Catholique que ce texte peut être remis en question
...
Il convient donc de rechercher quelles sont les vraies raisons de ceux qui contestent ce texte et souvent également
l'Autorité qui le promulgue : le Pape lui-même en communion totale avec les Evêques du monde entier (excusez du peu)..
Ce que l'on peut regretter, c'est que lors de la mise en oeuvre de ces réformes, qui n'ont pas été faciles pour
tous (je sais de quoi je parle) l'Eglise et ses pasteurs n'aient pas eu davantage le souci de comprendre pourquoi des personnes et des groupes de personnes résistaient ainsi : cela aurait
permis de saisir bien des choses pas forcément fausses dans leurs motivations et ces personnes se sentant davantage respectées se seraient peut être rendues plus
disponibles...
Les mépriser hier me semble être la même erreur que les courtiser
aujourd'hui....!
Sur un blog voisin, je trouve l'extrait d'un livre du cardinal Ratzinguer :
http://d-cortes.blogspot.com/(22/09/2006)
............Il ressort que chaque homme ne détient la foi que comme "symbole", comme une pièce incomplète et
brisée, qui ne saurait trouver son unité et son intégralité qu'en s'unissant aux autres. Pour réaliser le symballein, l'union, avec Dieu, il faut nécessairement passer par le symballein :
l'union, avec les autres hommes. La foi demande l'unité, elle appelle les frères dans la foi, elle est essentiellement orientée vers l'Eglise. L'Eglise n'est pas une institution secondaire,
formée à partir d'idées sans rapport avec elle, tout au plus un mal nécessaire. L'Eglise est partie intégrante de la foi, dont le sens est la confession commune et l'adoration
commune.
Cette découverte nous ouvre encore un horizon nouveau : l'Eglise, dans sa totalité, ne
détient, elle aussi, la foi que comme symbolon, comme une moitié brisée, qui n'est vérité que
par sa relation à l'infini, à ce qui est tout autre, et à quoi elle vise au-delà d'elle-même. La foi ne peut s'approcher de Dieu qu'à travers cette brisure infinie du symbole, à travers ce
dépassement perpétuel de l'homme."
Elargir, toujours elargir les perspectives dans un au-delà de soi, un au delà de son petit groupe humain, de sa
communauté ou de sa nation, un au delà vers l'universel, le « Catholique » où chacun se nourrit à la fois de sa spécificité et des échanges avec les autres...La nourriture est d'autant plus
riche que l'ouverture tend vers l'universel..
Alors, laissons les petites chapelles et les combats d'arrière garde
!
Au large !!
Par MICHEL
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